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Portrait de Dee Zen avec drapeau guadeloupéen
ARTIST SPOTLIGHT
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QUAND LA NOUVELLE GÉNÉRATION ANTILLAISE REFUSE DE SE RÉSUMER À UN SON WHEN A NEW CARIBBEAN GENERATION REFUSES TO BE BOXED INTO ONE SOUND

ÉCRIT PAR WRITTEN BY Edgar Monthéan COORDINATION ÉDITORIALE · LOU-ANNE GUIMBAUD EDITORIAL COORDINATION · LOU-ANNE GUIMBAUD
5 OCTOBRE 2026 OCTOBER 5, 2026

Il y a quelque chose d'entêté dans la démarche de Dee Zen. Entêté dans le bon sens, celui de quelqu'un qui a décidé d'où il parle et qui n'en démord pas. En l’occurrence ici, depuis la Guadeloupe, vers le monde entier, et comment ne pas le remarquer dès la première écoute.

There is a stubborn streak to Dee Zen’s approach — in the best sense of the word. He knows exactly where he is speaking from and refuses to blur it: Guadeloupe, aimed at the rest of the world. You can hear that from the very first listen.

IDENTITÉ · GUADELOUPEIDENTITY · GUADELOUPE

LE 971 COMME POINT DE DÉPART971 IS WHERE IT STARTS

Le madras sur la tête, notamment sur la pochette de “FROM”, son premier album sorti début 2026, n'est pas un accessoire de mode mais une réelle revendication. DEE ZEN est guadeloupéen, il le sait, il le fait savoir et toute sa musique part de là. Son mantra : 97 To Di World en est la preuve, le 971 comme point de départ, pas comme plafond. Les Caraïbes comme identité pleine et entière, capable de s'imposer sans avoir à se travestir.

The madras he wears — notably on the cover of FROM, his first album released in early 2026 — is not a styling detail. It is a statement. DEE ZEN is Guadeloupean, fully aware of it, and he makes that origin impossible to miss. 97 To Di World sums up the idea: 971 is where the story begins, never where it has to stop. The Caribbean is not a costume here, but a complete identity that does not need to dilute itself to travel.

COLLECTIF · 97 TO DI WORLDCOLLECTIVE · 97 TO DI WORLD

UNE FAMILLE DE TRAVAILBUILT LIKE A FAMILY

Ce positionnement, il le tient aussi collectivement. 97 To Di World, c'est aussi le nom du collectif qu'il a fondé avec d'autres artistes et beatmakers de la scène guadeloupéenne : Billy BYBF, Atox, Magbeats, Tito et Skycee. Une structure pensée comme une famille de travail, pas comme une case administrative. Le genre de cercle qui produit de la musique parce que les gens qui le composent s'estiment vraiment, pas parce qu'un contrat les rassemble.

That same outlook extends to the people around him. 97 To Di World is also the collective he built with artists and producers from Guadeloupe’s scene — Billy BYBF, Atox, Magbeats, Tito and Skycee. It operates more like a creative family than a formal structure. Music comes out of genuine proximity and mutual respect, not simply because a contract puts everyone under the same name.

Portrait de Dee Zen en débardeur noir
SON · ENTRE DEUX MONDESSOUND · BETWEEN TWO WORLDS

NEW WAVE, BASSES ET COULEURS ANTILLAISESNEW WAVE, GLOBAL CODES, CARIBBEAN ROOTS

Musicalement, il opère dans l'espace entre deux mondes : la trap new wave, avec ses productions denses et ses basses qui prennent de la place, et les couleurs sonores des Antilles, qui viennent contrarier le genre sans le trahir. Ce n'est pas de la fusion au sens poli du terme. C'est plutôt une confrontation : les influences US et UK d'un côté, les références caribéennes de l'autre, et dans l'espace entre les deux, quelque chose qui ressemble à une voix propre. Des flows accrocheurs, des lyrics qui ne s'excusent pas et des textes dans lesquels son public, celui du 97 en premier lieu, peut se reconnaître sans effort.

Musically, Dee Zen sits between two worlds: dense, bass-heavy new wave trap on one side, and Caribbean references that keep that language from feeling imported wholesale on the other. This is less polished “fusion” than a collision. US and UK codes meet a Caribbean point of view, and the friction between them is where his own voice starts to emerge. The flows are immediate and the lyrics unapologetic, while the writing still leaves room for listeners from the 97 to hear something recognisably theirs.

PROJET · SWAGLOKALPROJECT · SWAGLOKAL

L’ÉQUATION POUSSÉE JUSQU’AU BOUTSWAGLOKAL MAKES THE POINT

Son deuxième et dernier projet en date, SWAGLOKAL, huit titres, dit tout dans son titre. “Swag” pour ses influences US et “Lokal” pour son ancrage guadeloupéen : belle représentation de l'équation qu'il cherche à résoudre depuis le début, poussée jusqu'au bout. Il y a dans ce disque une cohérence de ton que beaucoup mettent du temps à trouver : on sait où on est, on sait qui parle, et on n'a pas l'impression que l'artiste essaie de plaire à quelqu'un d'autre que lui-même. C'est bon signe et prometteur pour la suite.

His second and latest project, SWAGLOKAL, makes the equation explicit in its title. “Swag” points to the US references; “Lokal” brings it straight back to Guadeloupe. Across eight tracks, that balance feels more deliberate than ever. The record already has a consistency many artists take years to reach: the setting is clear, the voice is recognisable, and nothing sounds shaped around somebody else’s expectations. That makes what comes next worth watching.

Portrait de Dee Zen en débardeur noir contre un mur blanc
SCÈNE · ANTILLESSCENE · THE CARIBBEAN

UNE GÉNÉRATION QUI N’ATTEND PLUSA GENERATION BUILDING ON ITS OWN TERMS

La scène antillaise a longtemps été une histoire de rayonnement local et d'invisibilité nationale. Ce qui change avec cette génération dont Dee Zen fait clairement partie, c'est une forme d'impatience tranquille. Ils ne demandent pas à être découverts. Ils bossent, ils sortent des sons, ils construisent leurs propres structures. Le reste suit, ou pas mais garder son authenticité est important quand on sait que les sonorités antillaises n’ont jamais été aussi populaires auprès du grand public probablement depuis Kassav et le zouk.

For years, artists from the French Caribbean could command real local attention while remaining largely invisible at national level. What feels different about the generation Dee Zen belongs to is a kind of quiet impatience. They are not waiting for permission to be discovered: they work, release music and build their own structures. Whether the wider industry catches up is almost secondary. Holding on to that sense of self matters even more at a moment when Caribbean sounds are reaching mainstream audiences at a scale rarely seen since the era of Kassav’ and zouk.

RÉDACTEURWRITER

Edgar Monthéan

RÉDACTEUR — PÔLE RÉDACTIONWRITER — EDITORIAL TEAM

Edgar Monthéan rejoint le pôle rédaction de Space Jam Radio au début de l’année 2026. Issu d’un parcours en commerce international, il se dirige vers l’industrie musicale et a notamment acquis une expérience au sein d’Ombragé, structure de production et label basée à Pantin. Passionné de rap, il nourrit ses articles d’une veille constante sur les nouvelles scènes et les artistes émergents.Edgar Monthéan joined Space Jam Radio’s editorial team in early 2026. With a background in international business, he is moving toward the music industry and has also gained experience with Ombragé, a Pantin-based production company and label. A long-time rap enthusiast, he brings constant music discovery and emerging-scene research into his writing.

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